En Pirogue à Manakara
Ce matin Il pleut. Il a plu toute la nuit.
On rejoint la pirogue sous le pont rouge. Patrice fait préparer une bâche pour nous mettre à l'abri. La pirogue est une pirogue classique, un peu plus grande que celle qu'on avait à Mananjary. Il y a des dossiers et des coussins ; 4 rameurs, 2 à l'avant, 2 à l'arrière. Les rameurs de l'avant sont plus jeunes que ceux de l'arrière. Il pleut.
On part sur la rivière Manakara. Le vent de sud-ouest nous envoie la pluie sur les genoux. Le guide nous donne un parapluie qu'on met d'abord devant puis sur le côté.
Les berges, comme à Mananjary, sont couvertes vacoa (pendemus) et d'oreilles d'éléphant. Mais il n'y a pas les iniaoly. La végétation est faite d'arbustes épais et d'oreilles d'éléphant. La rivière est large.
Les femmes ont installé le long des joncs des pièges à crevettes. C'est un fagot de branches feuillues retenu par des bambous plantés dans le sol.
Pause café. On visite un petit village de pêcheurs. Ils préparent les filets à langouste. La langouste se prend dans les grandes mailles du filet. Il n'y a plus de pêcheurs en mer ; ils sont rentrés bredouilles.
Retour. Avec le courant. On croise pas mal de pirogues qui reviennent du marché avec de gros bidons qui peuvent contenir soit de la benzine (probable) soit du rhum (au dire de Roger). Il y a aussi du manioc et d’autres choses.
Les deux mousses rament peu mais mangent des goyaves. On s’arrête au grand village des piroguiers. Petites maisons en bois bien alignées au plancher surélevé d'une vingtaine de cm au dessus du sol. Il y a beaucoup d’activité : lessive et vaisselle dans le l’eau du canal. On trouve des boutiques et l’atelier du maçon-mécanicien-menusier. Il construit sa maison (à étage). On salue la mère du guide. Elle est vieille (90 ans ? on ne connaît pas précisément l’âge des vieilles personnes faute d’état civil à l’époque). Dans le village le riz sèche un peu partout sur des nattes et les poules se servent. Il y a une pirogue en construction sur la berge du canal.
On embarque un nouveau rameur expérimenté. A l'embouchure la mer est agitée. Grande activité sur la plage de l’embouchure.
On prend un bras très étroit qui conduit à un village avec de petites maisons en bois et palmes, bien alignées. On traverse et on va jusqu’à la mer. Des piroguiers essaient de franchir la barre. Ensuite le canal file tout droit dans la même végétation. On voit moins de pirogues.
Arrêt dans les goyaviers. On goûte une goyave mûre. C’est sucré et poivré. C’est bon. Petit fruit rouge. En principe elles seront toutes mures au mois de novembre. On admire encore la mer et ses grosses vagues.
En Pirogue à Mananjary
Départ le matin de la plage de l'embouchure avec Roger. Il y a un chef rameur à l'arrière et deux mousses amateurs de goyaves à l'avant.
Traversée de l’embouchure très large. Il y a beaucoup de monde ; sur des pirogues ; à pied ; avec des zébus …
Les femmes ont commencé la pêche aux bichiques. On prend le canal de largeur modeste et à contre courant. On passe devant le village des piroguiers. On croise des pirogues chargées de charbon de bois, de brèdes ou de petit bois de construction.
Végétation : des nénuphars (violets, roses, blancs, bleus), quelques jacynthes. Le canal est bordé de plantes grasses ressemblant à des aloès ou des agaves et d’oreilles d’éléphant. On longe une forêt d’alioni. Il y a aussi des eucalyptus et des ravanella (arbre du voyageur), des goyaviers, un « canellier », des cocotiers et l’arbre dont le bois sert à faire les pirogues.